09/10/2005

Session I (18h30) – 30 min d’écritures et illustrations Table 1 – tori - E. Hopper

 Edward Hopper : Nighthawks

Intro : artiste-peintre américain, Edward Hopper, au travers d’œuvres à la personnalité marquée, a largement contribué à définir les fondements du réalisme américain. Ses toiles reflètent une sensibilité américaine particulière au 20ème siècle, caractérisée par l'isolement, la mélancolie et la solitude. Hopper est né le 22 juillet 1882 à Nyack, dans l'état de New York. Il s'est formé à l'art de l'illustration en suivant les cours de l'école d'art de New York City de 1899 à 1900.

Vers 1901, il s'essaie à la peinture et suit les cours de la New York School of Art jusqu'en 1906 sous la tutelle de Robert Henry. Entre 1906 et 1910, il effectue trois voyages en Europe sans pour autant subir l'influence des premières expériences cubistes françaises et espagnoles. Son oeuvre s'inspire largement du courant réaliste, incarné par des artistes comme Diego Velasquez, Francisco de Goya, Honoré Daumier, Edouard Manet, qui lui fut révélé par ses professeurs à la New York School of Art. Ses premières créations, comme par exemple Le Pavillon de Flore, sont tournées vers le réalisme et incorporent quelques-unes des lignes de force qu'il conservera tout au long de sa carrière, à savoir une style de composition qui recourt à des formes géométriques simples et volumineuses, des aplats de couleurs massifs et l'introduction dans ses paysages d'éléments architecturaux aux lignes tendues, qu'elles soient verticales, horizontales ou diagonales.

La plupart de ses oeuvres décrivent des paysages de l'état de New York ou de Nouvelle Angleterre, que ce soit à la campagne ou en ville. Invariablement, on retrouve dans ses oeuvres les mêmes rues désertes, les mêmes salles de cinéma au public épars, les mêmes stations d'essence, les mêmes voies de chemin de fer, les mêmes maisons de maître qui nous semblent si familières. Un de ses tableaux les plus connus, intitulé "Nighthawks", dépeint un des ces bars ouverts tard la nuit, peuplé de clients taciturnes qu'éclaire quelques néons à la lumière crue.

Il est décédé le 15 mai 1967 à New York City.

Pour plus d'informations concernant Edward Hopper, n'hésitez pas à visiter ce site qui lui est entièrement consacré : http://netmadame.free.fr/culture/franck/hopper/index.htm

Contrainte:

Les personnages d’Edward Hopper apparaissent toujours comme des témoins muets, à un moment précis, comme sur une photo. On peut se demander ce qu’ils font là, quelle vie ils mènent. Est-ce qu’ils viennent de se disputer, pour oublier ou encore pour rechercher une certaine chaleur humaine auprès d’étranger, solitaires comme eux ?

 

Vous avez l’opportunité de créer une tranche de vie, de donner une voix aux personnages qui figurent sur « Nighthawks ». Est-ce que l’homme et la femme forment un couple ? Ou est-ce qu’ils viennent de se rencontrer ? Qui est cet homme mystérieux qui nous tourne le dos ? Et est-ce que le garçon a un rôle à jouer dans votre histoire ? Décris ce qui s’est passé juste avant la scène de « Nighthawks » ou ce qu’il va se passer juste après.


20:43 Écrit par Atelier Duos2Duels | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

nighthawks J'en étais sûr, jamais je n'aurais dû me lancer dans cette histoire. La
vieille Momone m'avait prévenu : "Ça sent pas bon!" Allez! C'est pas le
moment de se plaindre. Concentré! Une tâche de sang sur mes mains! Vite, les essuyer! Il était costaud son chauffeur, un vrai gorille. Il a fallu
m'y remettre à deux reprises avec la grosse clef anglaise de l'oncle George et deux minutes à faire le poisson dans son sac plastique avant que je puisse revenir par la porte de service et reprendre mon poste.
De la tête, je fais signe à Freddy au bout du bar. On va l'avoir ce don
>juan et sa pouffe. Pour ça, le boss il aime pas qu'on marche sur ses
>plates bandes. Ce Casanova de pacotille va regretter de faire la cour à la maîtresse de son rival. Mais il a bien compris le boss, il sait que c'est
une annonce à la guerre des clans qui commence.
Venir le narguer sur son propre territoire, faut pas être bien! Allez, Freddy, lance le signal et ce paon se retrouve avec six flingues sous le
pif.

Écrit par : benjamin | 09/10/2005

nighthawks Ronald n'aurait jamais dû se trouver dans ce bar, ce soir-là. Deux semaines qu'il restait enfermé à chercher la solution. Deux semaines qu'il ne dormait plus. Deux semaines que rien n'y faisait, ni les somnifères en boîtes entières, ni l'alcool en perfusion. « La nuit porte conseil » s'était-il répété les premiers soirs. Mais il devenait littéralement fou à tourner en rond dans son penthouse. C'était sa première sortie depuis qu'il avait rencontré son cauchemar, il y a deux semaines. Ce soir, il avait envie de voir du monde. Il avait pris son chapeau et son dernier costume propre, et il avait marché une bonne heure au hasard dans les rues avant de se décider à rentrer dans un de ces bars ouverts jusqu'à plus d'heure. En tournant la cuillère dans son café, il vit passer le cauchemar de ses nuits blanches à la surface du liquide noir. Son cauchemar avait un nom : Burns.

Eddy ne devait pas être dans ce bar, ce soir là. Saxophoniste dans un orchestre de jazz de la côte Est, il arrondissait ses fins de mois en faisant le barman au « Phillies », qui appartenait à son cousin. Il devait accompagner sa troupe le soir même pour un concert à deux-cents kilomètres de là mais son cousin l'avait retenu. Première fois qu'il lui faisait ça. Ça n'avait pas plu à Eddy mais il avait dû s'y résigner. Car depuis l'histoire des 'violons', il devait beaucoup à son cousin, beaucoup trop. Et son cousin avait un nom : Charles Burns.

Cathy aurait bien pu ne jamais se trouver dans ce bar, ce soir-là. Elle était de la côte Ouest. Chanteuse à succès local, elle avait fini par accepter de quitter sa soeur aînée qui la logeait dans une belle baraque donnant sur la plage, pour suivre Felipe. Felipe l'emmenait vers la gloire, le succès : vers l'impresario le plus en vogue du moment sur la côte Est. Ils faisaient leur dernière escale dans cette ville. Un hôtel bon marché, un cinéma pour se détendre, et le premier bar du coin pour finir la soirée. Felipe lui parlait de l'impresario, et les deux autres types semblaient maintenant écouter avec une étrange attention. Le barman s'était figé en essuyant un verre à whisky, et le type d'en face, à la gueule de déterré, avait arrêté de faire tinter sa cuillère sur les bords de sa tasse. Car l'impresario avait un nom : Charles Walter Burns.

Écrit par : benjamin benéteau | 09/10/2005

Plus sombre est la nuit
C'est pour ce soir. C'était inéluctable et je sais qu'elle est décidée. Enfin. Je n'ai rien fait pour l'en empêcher. Je ne compte pas non plus l'aider. Qu'elle trouve seule la façon de lâcher le morceau. Qu'elle se démerde !

C'est pour ce soir. Je suis décidée. Enfin. Je savais que tôt ou tard j'atteindrais mes limites. Longtemps j'ai voulu croire que je l'aimais et que cela seul comptait. C'est un homme bien, sensible et généreux, mais les choses, progressivement, ont perdu le sens que je leur attribuais. Ce soir, le taxi continuera son chemin avec lui. J'irai dormir chez ma mère.

C'est pour ce soir. Je ne tiendrai pas plus longtemps. Pourvu que les derniers clients ne s'attardent pas. Maintenant que ma décision est prise, je suis pressé d'en finir. Ménage et rangements seront vite terminés. Je l'embrasserai une dernière fois quand elle passera ses bras autour de mon cou pour que je la porte du divan à la chambre. Ce sera un baiser long et langoureux, malgré son haleine chargée. Sa déchéance n'est plus supportable. J'ai choisi l'oreiller pour couper le souffle de la femme que j'aime. Ses cris et ses injures, malheureusement, me poursuivront au-delà de la mort.

Bon, je vais régler ce que je dois. Ce soir, c'est décidé, je ne poursuivrai pas mon périple nocturne. Avec un peu de chance, maman ne dormira pas encore et je pourrai l'embrasser.

Écrit par : Caroline | 09/10/2005

Nighthawks Un homme au bar. Seul. Il a l'habitude. Il est plutôt ce qu'on pourrait appeler un « observateur urbain ». toujours, il se fait discret : impair et costume gris, chapeau assorti. Il sort le plus souvent en soirée, pour qu'on le remarque encore moins. Il n'aime pas être vu... il préfère observer.

Il va pourtant régulièrement aux mêmes endroits, repère les habitués qui, eux, jamais ne semblent le reconnaître, et regarde.

Dans ses yeux, rien de pervers, ni d'étrange. Il a besoin de voir la vie des autres pour s'en constituer une.

Aujourd'hui par exemple... Il est revenu à ce bar, le Phillies. Ce n'est que la deuxième ou troisième fois, mais, comme les autres soirs, la femme rousse est au comptoir. Jamais il ne l'a vue avec le même homme. Par contre, le barman, lui, est toujours là... et comme toujours, il a le regard fixé sur elle.

C'est étrange. Quel lien peut-elle avoir avec ses différents accompagnateurs ? Ils ne parlent presque pas, auquel cas ils échangent des banalités. La plupart du temps silencieux, ils se contentent de siroter leur boisson les yeux perdus dans le vide.

Peu de bruits viennent interrompre ces lourds moments trop calmes.

Rares sont les voitures qui passent dans ce quartier de la ville. Rares sont les clients, plus rares encore sont les verres à laver.

La barman s'ennui. Il est fatigué. Heureux sont les moments, trop rares
eux aussi, où Elle pousse la porte de son bar et où sa journée s'illumine.

Pourquoi ne daigne-t-elle pas le regarder ? Pourquoi ne lève-t-elle jamais ses yeux vers lui ? Et surtout, pourquoi s'obstine-t-elle, jour après jour, soir après soir, à venir dans son bar ?

Écrit par : anais niveau | 10/10/2005

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