06/10/2005

Session II (19h30) – 30 min d’écritures et illustrations Table 3 – Milady Renoir - A. Jarry: UBU ROI

Autour de l'univers d'Alfred Jarry

 

Nous sommes tous des Ubu Roi…

 

Contrainte & Situation :

 

Parce que la réalité est bien triste quand on ne rêve que la nuit, ouvrez les vannes en mélangeant les éléments qui vous entourent, du vrai imbibé de faux, du réel cloué avec de l’imaginaire… quand la Pologne n’existe pas, il faut mélanger les genres, les styles, les tons… L’autorité est obsolète, tout le monde est un ennemi, l’espace et le temps sont éclatés, le langage est à la fois infantile et soutenu…  c’est le chaos qui organisera votre récit/dessin… Une contrainte dans une contrainte ? puisque vous le demandez… c’est dans une salle des fêtes locale/communale/municipale que se tient votre tragi-comédie… le(s) personnage(s) donne(nt) d’abord un discours puis quelques un(e)s le contredisent, alors c’est une bataille de mots, de genres, de caractères, de situations… surtout, n’oubliez pas de vous amuser.

 

RÉSUMÉ DU LIVRE « Ubu Roi »

Nous sommes en Pologne où Ubu, ancien roi d'Aragon et capitaine des dragons, jouit d'une haute situation et de la faveur du roi. Mais sa femme, la Mère Ubu, n'est pas satisfaite de ce rang : elle aspire au trône et réussit à convaincre son mari en évoquant les "andouilles" qu'il pourrait manger en s'enrichissant. Ubu décide alors de monter une conspiration avec le vaillant capitaine Bordure. Aussi sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ubu_Roi

 

LES EXTRAITS de "Ubu Roi"

« Je fus pendant longtemps ouvrier ébéniste, Dans la ru' du Champ d'Mars, d'la paroiss' de Toussaints. Mon épouse exerçait la profession d'modiste, Et nous n'avions jamais manqué de rien.  Quand le dimanch' s'annonçait sans nuage, Nous exhibions nos beaux accoutrements Et nous allions voir le décervelage Ru' d'l'Échaudé, passer un bon moment. Voyez, voyez la machin' tourner, Voyez, voyez la cervell' sauter,

Voyez, voyez les rentiers trembler ;  (Choeurs) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu! »                          Chapitre : Le chant du décervelage

 

« Nous aurons d'ailleurs un décor parfaitement exact, car de même qu'il est un procédé facile pour situer une pièce dans l'Eternité, à savoir de faire par exemple tirer en l'an mille et tant des coups de revolver, vous verrez des portes s'ouvrir sur des plaines de neige sous un ciel bleu, des cheminées garnies de pendules se fendre afin de servir de portes, et des palmiers verdir au pied des lits, pour que les broutent de petits éléphants perchés sur des étagères.  Quant à notre orchestre qui manque, on n'en regrettera que l'intensité et le timbre, divers pianos et timbales exécutant les thèmes d'Ubu derrière la coulisse.  Quant à l'action, qui va commencer, elle se passe en Pologne, c'est-à-dire Nulle Part. »            Conférence prononcée à la création d'Ubu Roi, déc. 1896

 

Citation : « Les antialcooliques sont des malades en proie à ce poison, l'eau,
si dissolvant et corrosif qu'on l'a choisi entre autres substances pour
 les ablutions et lessives, et qu'une goutte versée dans un liquide pur,
 l'absinthe, par exemple, le trouble. »
(Spéculations)

 

Collège de Pataphysique : http://pata.obspm.fr/ & http://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A8ge_de_Pataphysique

 

((Illustrations de Hanno Baumfelder http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/auteurs/ubu/u... ))

 

Article du Magazine Littéraire sur A. Jarry :

http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_388.htm

 

L’intégralité du livre en format théâtre :

http://un2sg4.unige.ch/athena/jarry/jar_ubur.html

 

LA BIOGRAPHIE DE ALFRED JARRY

 

Alfred Jarry voit le jour à Laval, dans une famille de négociants. À 5 ans, il entre au Petit lycée de Laval, puis continue ses études à Saint-Brieuc, puis à Rennes. Entre 1885 et 1888, il compose déjà des comédies en vers et en prose. Au Lycée de Rennes, M. Hébert, professeur de physique, incarne aux yeux de ses élèves « tout le grotesque qui est au monde ». À ce titre, il est le héros d'une littérature scolaire abondante, dont un texte intitulé « Les Polonais ». En classe de première, Jarry va le mettre en forme de comédie : c'est la plus ancienne version d'Ubu Roi. En 1891-1892, il est élève de Bergson et condisciple de Léon-Paul Fargue et d'Albert Thibaudet au Lycée Henri-IV. Il échoue à l'École normale supérieure. Par ses publications, Jarry rencontre Marcel Schwob, Alfred Valette (directeur du Mercure de France) et sa femme Rachilde. C'est dans la maison du couple qu'il présente, en 1894, Ubu Roi. Il collabore au Mercure de France et à la Revue Blanche. Deux ans plus tard, il entre en fonction auprès de Lugné-Poe qui lui confie le programme de la prochaine saison du Théâtre de l'Œuvre où la première d' Ubu roi eut lieu le 10 décembre 1896, évènement comparable à la bataille d' Hernani. Dès lors, les représentations des pièces de Jarry se suivent, au fil des cycles d'Ubu. De 1894 à 1895, il dirige l'Ymagier avec Remy de Gourmont : «Recueil de gravures anciennes et nouvelles, d'études artistiques et philologiques» qui paraît en fascicules trimestriels, in-4. En 1896 se place l'évènement historico-mythique de l'achat de la bicyclette « Clément Luxe 96 course sur piste » que le marchand Trochon s'obstinera longtemps à vouloir faire payer au poète, en vain. Il fonde une revue d'estampes Perhinderion qui n'aura que deux numéros. En 1897, il a épuisé son héritage, mais achète, un bateau L'As, qui entrera dans la littérature par la geste de Fautroll. Le Douanier Rousseau, son compatriote, l'héberge brièvement, il s'installe ensuite rue Cassette, dans sa grande Chasublerie. Il écrit aussi un ouvrage curieux, Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, qui sera publié après sa mort et qui expose cette « science des solutions imaginaires » que perpétue le Collège de ’Pataphysique, fondé en 1948. S'identifiant à son personnage et faisant triompher le principe du plaisir sur celui de réalité, Jarry a vécu comme il lui plaisait, avec ses trois attributs : la bicyclette, le revolver et l'absinthe. Il leur sacrifiera la respectabilité et le confort. Dans une petite baraque proche d'une rivière, à côté d'un lit-divan, Rabelais composait l'essentiel de sa bibliothèque. L'humour lui a permis d'accéder à une liberté supérieure. « Jarry jouant Ubu, non plus sur scène mais à la ville, tend ainsi un terrible miroir aux imbéciles, il leur montre le monstre qu'ils sont. Il dit « Merde aux assis ». » (G. E. Clancier). Le 28 mai 1906, Jarry écrit à Rachilde : « (Le Père Ubu) n'a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s'éteindre. Il va s'arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu. » Épuisé, malade, harcelé par les créanciers, il fait des allers et retours Paris-Laval et meurt six mois plus tard, à l'hôpital de la Charité le 1er novembre 1907. Ainsi, l'œuvre d'Alfred Jarry, au comique grinçant, met en scène de façon insolite les traits humains les plus grotesques. Il est l'inventeur du terme de «Pataphysique», science qui cherche à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l'absurde. Jarry est l'un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain.

 

Bibliographie

 

LES MINUTES DE SABLE MÉMORIAL, 1894 , CÉSAR ANTÉCHRIST, 1895, UBU ROI, 1896, LES JOURS ET LES NUITS, 1897, L'AMOUR ABSOLU, 1899, UBU ENCHAÎNÉ, 1900, COMMENTAIRE POUR SERVIR À LA CONSTRUCTION PRATIQUE DE LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS, 1900, UBU SUR LA BUTTE, 1901, MESSALINE, 1901, LE SURMÂLE, 1902, LA PAPESSE JEANNE, 1908, GESTES ET OPINIONS DU DOCTEUR FAUSTROLL, PATAPHYSICIEN, 1898-1911, SPÉCULATIONS, 1911, UBU COCU, 1944, CHOIX DE TEXTES, 1946 , ŒUVRES COMPLÈTES, 1949, LE REVANCHE DE LA NUIT, 1949, TOUT UBU, 1962 .
 
ici, en commentaires, vos textes, écrits sur place ou pas. Ensuite, viendront les illustrations scannées...


19:36 Écrit par Atelier Duos2Duels | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Pour mémoire - Chers amis, je vous remercie d'être venus...
- Va te faire foutre ! On n'est pas là pour toi !
- (En apparté) Gaston, fais-le sortir discrètement, Jérôme n'est pas loin. (A voix haute) Chers amis, je vous remercie d'être venus si nombreux. je suis très fier aujourd'hui...
- Dégage, on te dit ! C'est pas TA fête ! Pas encore...
- Gaston ! Gaston ! Où il est, nom de dieu... Je disais donc, je suis très fier de vous accueillir aujourd'hui pour célébrer la publication des interviews...
- Des interviews ? Quelles interviews ? De la merde, oui ! Des inepties !
- Faites sortir cette bande de trublions, bon sang ! C'est quoi ce foutoir ? Chers amis, nonobstant ces trouble-fête, je tiens à souligner la joie que j'éprouve face à votre participation massive à ce projet de mémoire collective. Cette mémoire est réellement porteuse de sens. Par la prise de conscience des jeunes générations, elle...
- Elles t'emmèrdent, les jeunes générations ! Chaque soir, des bandes entières de petits cons taguent nos murs et nos bagnoles. On n'a rien dit d'autre à tes crétins d'enquêteurs. Va te faire foutre, Maurice ! démissionne ! On ne t'a pas élu pour venir nous poser des questions débiles sur le passé ! Ta mémoire, tu peux te la f... où je pense !

Écrit par : Caroline | 07/10/2005

LE BORGNE Il est debout, confit dans sa graisse, un oeil mobile et l'autre atrophié; à coté de lui une jeune pétasse blonde qui doit être sa progéniture le regarde dégueuler des solgans autoritaires et haineux, avec une admiration béate

je me dis "comment peut elle admirer ce résidu de capote"

Je le détesque, c'est lui qui a organisé le bal de Crouilles-les-bains pour essayer de prouver qu'il est pseudo tolérant

au milieu d'une foule de veaux beuglant, une rousse vulgaire hurle : "vive le PET!", ce doit être son ex ou sa maitresse
un grand noir lui colle sur la tronche un poing désapprobateur, la rouquine pisse le sang, couleur de ses tifs
ulcérée la purpurine agressée crache à la figure du noir

il s'ensuit une rixe, un branle bas de chaises cassés, des bouteilles volantes
une cacophonie clameur
qu'la bête meurt
clapier
clodos vexés
clamse sale con, crie la foule
carsh total
clandestins révoltés
climat merdique
cloaque

je m esquive à cloche pieds, clopin-clopant

clou de la soirée

LE PET S AFFALE
VICTIME D UNE CLISE CALDIAQUE
MOLALITE
MOLT AUX VACHES
http://suzette-alanis.skynetblogs.be

Écrit par : salomé | 11/10/2005

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