06/09/2005

Test Duos de Duels – Thème Raymond Queneau et le Palace de la Rigolade – 35 min

 Contrainte en 35 min par Tveroz:

 

Il n’y a pas que Raymond Queneau qui a le droit de créer son attraction de foire ! Créez vous aussi le mystère, la surprise, l’illusion…Toutefois, faites en sorte que votre attraction ait un autre intérêt que la simple distraction, encerclez l’objet du désir, attisez la convoitise, faites-nous rêver, heurtez-nous, filez une belle métaphore… Qu’on en ait pour notre argent !

 

Illustration d'Etienne (1/2)

ici, les textes réalisés pour cette contrainte peuvent être ajoutés en commentaires.


14:40 Écrit par Atelier Duos2Duels | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Le bon Albert 2060 après J.C.

Jean-Benoit 3 est omnipotent sur le monde. Le christianisme est l'unique religion obligatoire sur toute la planète.

La foire du trône est devenue le plus grand catéchisme international. Tous les ans sur la pelouse de Reuilly se retrouve toute l'inteligentsia chrétienne. Les diseurs de prières se pressent devant les multiples attractions, pour démontrer à tous leur foi !

Chaque attraction est effectivement un examen de conscience sur le thème des dix commandements.

La foule est multicolore ; les robes rouges des cardinaux ambitieux flambent, le marron juteux des franciscains modestes tranche, le noir mat des curés à bonne obséde, etc...

L'animation favorite de Jean-Benoit est la célèbre TNE (Test de Non Erection). Tout le monde le sait, et l'engin a un grand succès, chacun espérant s'y faire remarquer.

Dans le temps, les loubards tapaient du poingt dans un ballon pour prouver leur extraordinaire virilité, de nos jours, les éclésiastiques tapent de la queue molle dans rien pour exhiber leur dévotion.

La machine est fort simple. Une cage de la taille d'un homme corpulent dans laquelle tous les vices sont imposés au joueur. Les épreuves sont variées ; cela peut aller de la simple vidéo porno (des collectors d'avant 2020) aux pires perversités.

Le bon moine Albert (un cistercien) est l'idole des foules. Le grand champion de la TNE.

Un mouvement de foule se fait parmi les diseurs de prières à l'annonce du passage d'Albert à la TNE. Tout le monde veut voir et pouvoir dire "j'y étais". Chacun espère secrétement la défaite (non la civilisation n'a pas évoluée !).

Albert pénètre dans la cage.

L'épreuve débute gentiment par une gifle. Albert, débonnaire, tend l'autre joue en souriant. Une paire de mains se faufile sous sa robe, le bon moine sue un peu mais ne bronche pas. On entend ça et là des "oh" d'admiration dans la foule des diseurs de prières ! Une énorme paire se lèvres suit la voie tracée par les mains... Albert ferme les yeux (et pense sans doute au calvaire du Christ sur le golgotha), et malgré un leger rougeoiement ne cède pas à la tentation.
Un fouet se tend derrière lui et le flagelle violemment; Albert garde ses paupières closes et prie sans montrer quelle qu'excitation que ce soit. Soudain, la foule se tait... Un énorme objet oblongue apparaît, badigeonné léopard, l'engin impressionne par sa taille. Albert se retrouve collé à la paroi alors que l'arrière de sa robe de bure se soulève, et d'un coup l'engin le pénétre. On entend quelques "aie" dans la foule solidaire. La machine reproduit son action une dizaine de fois. Albert étouffe quelques gémissements mais rien ne se passe.

Le machino de la TNE semble abattu et interroge du regard Jean-Benoit. La foule, doucement, commence à acclamer son champion. La machine est vaincue... Mais, soudain, l'érectomètre commence à bouger, tout doucement, mais de façon continue... La foule s'interroge, un brouhaha de réprobation suinte. Albert semble complétement ahuri. Il atteint son érection maximale. Dans la nouvelle société, cela est inacceptable. La machine sévit ! D'énormes cisailles coupent d'un coup sec les effets du pauvre Albert sous les vivas de la foule pléonastiquement imbécile !

Les experts enquêtent pour comprendre ce qui s'est passé. En visionnant les images des caméras de suveillance, on se rend compte que les yeux d'Albert fixent un point précis dans la foule. Après maints agrandissements, la réponse se fait. Albert a été subjugué par le plus blond des scouts de 13 ans dans sa panoplie de travail, mollets à l'air.

Même scout qu'on vit sortir quelques heures plus tard des appartements de sa sainteté, comptant et recomptant une grosse liasse de billets...

Alleluia !


Eriknr©ll

Écrit par : eriknroll | 09/09/2005

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