06/09/2005

Test Duos de Duels – Thème New York – L'Hotel Existence – 20 min

Extrait  de «Brooklyn follies» de Paul Auster :

 

« Je cherchais un endroit tranquille où mourir. Quelqu’un me conseilla Brooklyn et, dès le lendemain matin, je m’y rendis de Westchester afin de reconnaître le terrain. Il y avait cinquante-six ans que je n’étais pas revenu là et je ne me souvenais de rien. Je n’avais que trois ans lorsque mes parents avaient quitté la ville, et pourtant je m’aperçus que je retournais d’instinct au quartier que nous avions habité, à la manière d’un chien blessé qui se traîne vers le lieu de sa naissance. Un agent immobilier du coin me fit visiter six ou sept appartements dans des maisons de pierre brune et à la fin de l’après-midi j’avais loué un trois-pièces avec jardin dans First Street, non loin de Prospect Park. J’ignorais tout de mes voisins et ça m’était bien égal. Tous travaillaient de neuf à dix-sept heures, aucun n’avait d’enfant et l’immeuble serait donc relativement silencieux. Plus qu’à tout autre chose, c’était à cela que j’aspirais. Une fin silencieuse à ma vie triste et ridicule.
La maison de Bronxville avait déjà trouvé preneur et, dès la signature de l’acte définitif, à la fin du mois, l’argent ne représenterait plus un problème. Nous avions l’intention, mon ex-femme et moi, de nous partager le produit de la vente et quatre cent mille dollars en banque subviendraient largement à mes besoins jusqu’à mon dernier souffle.
Au début, je ne savais à quoi m’occuper. J’avais passé trente et un ans à faire la navette entre les faubourgs et les bureaux de la Mid-Atlantic Accident and Life, à Manhattan, et, à présent que je n’avais plus de boulot, les heures du jour étaient trop nombreuses. Une semaine environ après mon installation, ma fille mariée, Rachel, vint du New Jersey me rendre visite. Elle me dit que j’avais besoin de m’engager dans quelque chose, qu’il fallait que je m’invente un projet
(…) »

 

© Actes Sud

lire la suite mais pas la fin sur http://www.lefigaro.fr/bonnesfeuilles/20050817.FIG0263.html?200445

 

Lire aussi « Le gardien de l'hôtel Existence » par François Busnel , critique du livre de Paul Auster qui sort bientôt sur http://www.lire.fr/critique.asp/idC=49006/idR=217/idG=4

 

Ici, ce n’est pas tant le début du nouveau livre de Paul Auster qui a inspiré une contrainte à Milady mais bien la critique du livre disponible sur lire.fr :

 

Contrainte en 20 min:

Vous êtes le propriétaire et gérant de l’Hôtel Existence, les chambres Déception, Rires et Deuils sont encore occupées, certaines autres comme Amours, Jeunesse et Espoirs sont en rénovation mais, vu l’état insalubre de cet étage là, vous n’avez que votre propre livre à lire derrière le guichet de votre conciergerie… Aujourd’hui, vous êtes assis devant les fenêtres qui donnent sur cour et sur jardin, vous contemplez ce coin de rue, de vie qui vous a tant appartenu et qui vous appartient encore à peine… Dans un New-York politiquement correct ou dans une des étoiles de la couronne de la Statue de La Liberté, dans un couloir du Bronx ou près d’un magasin de luxe, récitez l’inventaire de cet immeuble métaphorique, de cet hôtel de splendeur ou de décadence, de vie et de mort… votre Hôtel.

 

Illustration de Stork réalisée pendant le temps d’écriture (réduit)


14:24 Écrit par Atelier Duos2Duels | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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